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Guerre en Ukraine - L'internat : Rester humain quand tout s'effondre selon Serhiy Jadan

J’ai rouvert L’internat de Jadan presque par réflexe : deux fois en quatre jours, je l’avais recommandé, et deux fois on m’avait demandé ce qu’il avait de si nécessaire. Alors j’y suis retournée. La relecture a été un rappel net, presque brutal : Jadan écrit depuis l’Ukraine, au plus près des corps, des peurs, des choix minuscules qui décident d’une vie. Un roman tendu, sans fioritures, qui dit la guerre comme elle se vit, et qui ne vous lâche plus. Si vous souhaitez entrer dans cet article par la voix, l'épisode audio est disponible en bas de page. Il y a des livres qui ne décrivent pas un pays : ils en émanent. L’internat fait partie de ceux-là. Jadan n’écrit pas sur l’Ukraine : il écrit depuis l’Ukraine , depuis ce point de tension où la littérature cesse d’être un commentaire pour devenir une expérience. Une traversée. Un corps à corps avec le réel. Janvier 2015. Sud du Donbass. La guerre, longtemps diffuse, vient d’entrer dans la ville . Elle ne se présente pas avec des discou...

Les fleurs des champs de mines (Квіти мінних зон) - Okean Elzy (Океан Ельзи) - Traduction

Composée il y a plusieurs années de cela, cette chanson d'Okean Elzy aurait dû paraitre en même temps que le nouvel album du groupe ukrainien, en avril dernier. L'actualité, hélas, en a décidé autrement... 😣 Terrible écho à la situation présente, la vidéo accompagnant ce texte a été tournée en juillet dernier. Oui, même "à l'arrière", la guerre est toujours à portée de mains...

 

Alexa Heinze - Traduction - Океан Ельзи - Квіти мінних зон - Ukraine
Photo : Stefan Keller - Pixabay


Les fleurs des champs de mines

Ils rentraient à la maison,
Pour combien de temps ? Ils l’ignoraient.
Il y avait toujours une colline à reprendre.
Ils rentraient à la maison,
S’en retournant un à un,
Mais ce vide ne te lâche pas…

Refrain :
Elle broie tes pensées
Parce qu’elle se trouve là, à portée de tes mains.
Les larmes et le béton tremblent,
Les fleurs des champs de mines fleurissent,
Elle est cette guerre qui respire…
Maman, ce n’est pas un songe !

Ne me dis pas « Je sais »,
Maman, tu ne peux même pas imaginer !
C’est comme un boa constricteur : ce vide ne te lâche pas,
Tant que la paix ne règnera pas
Sur chaque mètre de notre territoire
Et tant que toutes les collines ne seront pas reprises.

Refrain

Sur le chemin de la gare,
La fille t’attendait
Et, de son étreinte, elle parvenait à illuminer ce jour gris.
Pour combien de temps ? Nul ne le sait.
Rentreras-tu à la maison
Ou resteras-tu uniquement à jamais dans nos mémoires ?

Elle broie tes pensées
Elle est un souvenir contraire
Elle est larmes et béton
Elle est fleurs de champs de mines
Cette guerre qui respire…

Non, maman, ceci n’est pas un songe…

Auteur : © Sviatoslav Vakarchuk (Okean Elzy) / Traduction : © AleXa Heinze - 2022

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