Le pingouin d’Andreï Kourkov, ou comment l’absurde révèle une vérité plus profonde
Un écrivain perdu, un pingouin silencieux, une Ukraine qui cherche son souffle : relire Le pingouin, c’est replonger dans un monde bancal où l’absurde révèle une vérité plus douce que prévu. Si vous souhaitez entrer dans cet article par la voix, l'épisode audio est disponible en bas de cette page. Il y a des livres qui reviennent dans votre vie comme des amis sûrs. Pas forcément les plus flamboyants, ni les plus bruyants, mais ceux dont la présence apaise , réoriente, remet un peu d’ordre dans le chaos intérieur. Pour moi, Andreï Kourkov fait partie de ces auteurs-refuges . Quand une lecture me déçoit, quand un roman me laisse sur le bord de la route, je retourne vers lui comme on retourne vers une lumière stable. C’est ainsi que j’ai rouvert Le pingouin , plus de vingt ans après l’avoir découvert pour la première fois. Et j’ai compris, dès les premières pages, pourquoi ce roman n’avait jamais vraiment quitté ma mémoire. Un écrivain au chômage, un pingouin domestique, et une Ukrai...